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le trésor de la cathédrale

 

 

Comme nous l'expliquons dans le chapitre de l'histoire de la cathédrale, les Guerres de Religion ont détruit une grande partie du patrimoine du Béarn.
Les émeutes de 1567 et surtout l'expédition de reconquête de Montgomméry en 1569 vont dévaster le Béarn et particulièrement Oloron .
La cathédrale perd tout son mobilier et ses objets précieux, les vitraux sont brisés, et la tradition rapporte qu'elle est transformée en écurie.

Il ne faut donc pas s'attendre à trouver à Ste Marie de mobilier antérieur à la période suivante, la Contre-Réforme.
Celle-ci va s'attacher à faire oublier cet épisode tragique et à effacer toute trace de la religion "prétendûment réformée". Elle va donc s'attacher à redonner tout son lustre à cet édifice religieux majeur, mais le fera dans le style nouveau, dit "baroque", style très ornementé et très magnificent pour éblouir le spectateur et prendre ainsi le contrepied de la volonté de dépouillement édicté auparavant par la Réforme.

Après la Révolution, l'Eglise va à nouveau tenter, avec l'aide de l'Etat à partir de 1840, d'effacer le souvenir de ses souffrances et de retrouver le faste d'autrefois. La cathédrale s'enrichit de nouveaux objets et vitraux destinés à remplacer les pertes subies à l'occasion de la tourmente révolutionnaire.

Le trésor comporte donc des objets appartenant à deux périodes très distinctes : baroque et néogothique.

période baroque

objet
description

ORNEMENTS SACERDOTAUX
(XVI° et XVII° siècles)

Ornement de François Ier

Ornement de Marie de Médicis

Ces ornements étaient utilisés lors des messes solennelles, souvent dites par l’évêque.
· la CHASUBLE, qui doit sa forme actuelle à la Renaissance et dont la décoration n’est régie par aucune exigence liturgique.
· la CHAPE, seul vêtement à ne pas être béni et dont le port n’était pas obligatoire mais simplement recommandé pour les grandes occasions
· l’ETOLE, longue bande de soie portée autour du cou.
L’évêque et le prêtre la portent droite ou croisée sur la poitrine, tandis que le diacre la porte en sautoir sur l’épaule gauche.
· le MANIPULE servait à l’origine de serviette ; son évolution en a fait un accessoire porté au poignet uniquement devant l’autel au cours de célébrations.
· deux DALMATIQUES, vêtements d’abord adoptés par les patriarches grecs qui furent imposés au IVème siècle par le pape Sylvestre à ses évêques. Les diacres et les sous-diacres eurent ensuite le privilège de les porter lorsqu’ils assistaient l’évêque pendant la messe.
CROIX DE PROCESSION
(début XVII° siècle)
Le symbole de la Croix n’a perdu le caractère infamant qu’il possédait sous l’Empire Romain qu’à partir du Vème siècle.
A Rome en effet le supplice de la croix était réservé aux criminels. La croix fut par la suite portée en tête des processions car elle était facile à manipuler et visible par tous les fidèles.
Puis elle fut réservée aux processions faites à des dates définies pour célébrer un événement religieux ou un saint ainsi que lors des consécrations d’églises.
Celle-ci provient de la chapelle de Légugnon. Au dos de la croix figure la Sainte Vierge. Les fleurs de lys qui en terminent les branches, symbole marial, témoignent peut-être aussi de l’importance de cet emblème royal en ce XVIIème siècle, sous le règne de Louis XIV.
CHANDELIER PASCAL
(XVIII° siècle)
Pouvant atteindre une hauteur de trois à quatre mètres, le chandelier pascal était destiné à recevoir le cierge pascal que l’on faisait brûler, sans interruption, de Pâques à l’Ascension. Les chandeliers étaient richement ornés et peints comme nous pouvons le constater avec celui-ci qui est sculpté de motifs divers (têtes d’anges, motifs géométriques…).
Sur le cierge est gravée au stylet une croix. il est percé de trous dans lesquels sont disposés cinq grains d’encens. Ceux-ci, en forme de clous, symbolisent les cinq plaies du Christ.
Les lettres alpha et oméga sont disposées autour de la croix ainsi que les chiffres de l’année courante.
Cette symbolique forte est restée vivante de nos jours.
PANNEAUX EN BAS-RELIEF
( XVIII° siècle)
Bois sculpté polychromé et doré
LA CRECHE ET SES PERSONNAGES
(fin du XVII° siècle)

La crèche de la cathédrale Sainte-Marie est unique en Aquitaine. Elle est composée d’une partie fixe en forme de triptyque sur laquelle sont disposés différents personnages peints et dorés.
Absents de la représentation traditionnelle, les rois mages ont disparu lors des troubles révolutionnaires et seule l’image de la Nativité subsiste sur le panneau central.
Les statuettes, uniquement exposées pendant la période de Noël, constituent un bon témoignage de la société de la fin du XVII° siècle. Grâce à leurs vêtements, on peut différencier le monde rural, le monde urbain et même la bourgeoisie tels qu’ils étaient à cette époque.
LAMPE DE SANCTUAIRE
( XVIII° siècle)
Chêne sculpté peint et doré
LUTRIN
(fin XVII° ou début XVIII° siècle)
Le lutrin est un piédestal sur lequel était posé le livre de chants de messe auquel se référaient les membres du clergé. Placé à proximité des stalles où se tenaient les chanoines, il était souvent richement orné.
Son pied est formé de trois dauphins et sa partie supérieure, celle où l’antiphonaire était placé, représente un aigle, symbole de l’Evangéliste Saint Jean.
RELIQUAIRE
Bois sculpté doré et peint
ANGELOTS
Bois polychromé
STATUES
Bois doré et peint
CONSOLE
Bois sculpté doré et peint
CHAIRE à PRECHER
Bois sculpté doré et peint

VASES SACRES

(photo)

- Le CALICE est un vase sacré dans lequel le célébrant verse le vin pour le sacrifice de la messe.
- La PATENE est le plat sur lequel est disposé le pain d’autel avant l’offrande et la communion du prêtre et des fidèles. Il reçoit pour décor, sur la partie inférieure une croix souvent surmontée d’une couronne d’épines et d’un sacré cœur.
- Le CIBOIRE est un vase non consacré, sorte de réserve dans laquelle sont conservées les saintes hosties. Son origine remonte à l’époque des premiers chrétiens où ces derniers devaient emporter chez eux “ le Corps du Christ ” entre deux célébrations. Ils utilisaient à cet effet des petites boites précieuses appelées pyxides ou custodes.
- Les BURETTES de messe sont les réminiscences des vases utilisés lorsque les fidèles apportaient le vin du sacrifice. Cet usage ayant été aboli, ces vases ont été remplacés par des burettes contenant du vin et de l’eau. Ces flacons sont en verre ou en cristal et sont supportés par un plateau servant également à leur transport.

CRUCIFIX
Bois doré sur fond de glace
FAUTEUIL CHIPPENDALE
( XVIII° siècle)
Thomas Chippendale (1718-1779) est un ébéniste anglais de renom issu d’une lignée de sculpteurs et de menuisiers.
L’une de ses particularités est d’avoir publié un journal, “ The Director ”, sorte de catalogue, de recueil d’idées de décoration.
Son style est très éclectique puisqu’il s’inspire de modèles chinois, gothiques ou baroques et crée de cette façon une nouvelle mode.
Ces fauteuils ont été recensés au nombre de quatre dans le salon du dernier évêque en 1802. Un seul est resté à la cathédrale. Deux ont été attribués à l’église Saint- Jean-Baptiste de Moumour. Le dernier aurait été offert par l’évêque à son valet en remerciement de ses services.
SAINT GRAT
(XVIII° siècle)
Gratus est le premier évêque d’Oloron connu. Sa signature figure sur les actes du concile d’Agde en 506, époque où le christianisme est seulement toléré en Aquitaine par le roi wisigoth Alaric II.
Saint Grat est devenu au fil du temps une véritable légende ainsi que le saint patron du quartier de Sainte-Marie qui le fête tous les ans au mois d’octobre.
Au cours des guerres de religion, ses reliques ont été confiées à la ville de Jaca qui les restitua en 1621. C’est en 1710 que l’évêque Joseph de Révol procède à “ l’invention ” (redécouverte) de ses reliques dont on avait perdu toutes traces. C’est alors l’occasion de réaliser un reliquaire digne de ce nom représentant Saint Grat.
Ce buste en bois peint et doré contient un fragment d’os du saint. Il est abrité sous un dais d’exposition également en bois doré qui était utilisé lors des processions faites en l’honneur du Saint.
CROIX D’AUTEL
(XVIII° siècle)
La crucifixion n’a été représentée que tardivement car cette scène choquait les fidèles, aussi les premiers crucifix ne datent-ils que du Vème siècle. Dans un premier temps, le Christ fut représenté vivant et impassible avant d’être figuré avec tout le réalisme de ses souffrances. A partir du XIV° siècle, ces croix sont placées à demeure sur l’autel.
Au XVIII° siècle, le pape Benoît XIV exige qu’elles soient de dimensions respectables pour être bien visibles comme on en a ici un exemple avec cette croix d’autel en bois sculpté peint et doré.

XIX° (néogothique) et XX° siècles

objet
description
ORGUE
Instrument Cavaillé - Coll (voir page orgue)
AUTELS ET GRILLES
décor néogothique
VIERGE
plâtre peint et doré à la feuille (XIX°)
VITRAUX
XIX° et milieu XX° siècles
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