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Qu'est-ce qu'un orgue ?

 

Souvent inaccessible en haut d'une tribune au fond de l'église, l'orgue reste un instrument de musique un peu mystérieux.

L'orgue est un instrument à vent composé de nombreux tuyaux
qui sont autant d'instruments de musique
élémentaires.


A la différence de la flûte ou du trombone dans lesquels l'exécutant souffle avec sa bouche, le vent est fourni aux tuyaux par un poumon artificiel, la soufflerie, selon le schéma ci-dessous :

La soufflerie est aujourd'hui constituée d'un ventilateur entraîné par un moteur électrique.
Cet organe essentiel est conçu spécialement pour être aussi silencieux que possible.

La pression d'air est maintenue constante grâce à un réservoir d'air chargé par des poids, et une boîte à rideau qui assure la régulation de pression.

Le rouleau monte lorsque la demande de débit d'air augmente et baisse au contraire lorsque celle-ci diminue.


LES TUYAUX

 

Il existe différentes formes de tuyaux, construits dans des matériaux variés.
Ces caractéristiques donnent autant de couleurs sonores ou timbres différents.

On distingue deux principales familles de tuyaux.

TUYAUX à BOUCHE

Ces tuyaux fonctionnent selon le principe de la flûte à bec

 

TUYAUX à ANCHES

Ces tuyaux fonctionnent selon le principe de la clarinette.

Le vent fait battre la languette de l'anche.
Les vibrations sont transmises vers le corps du tuyau qui sert de résonateur

 

LES JEUX

Chaque tuyau délivre une seule note.

Une série de tuyaux de mêmes caractéristiques forme un jeu.

Il y a donc autant de tuyaux dans chaque jeu qu'il y a de notes au clavier.

Certains jeux comportent en fait plusieurs tuyaux pour chaque note, afin d'enrichir la couleur sonore de l'ensemble ; on parle alors de mixtures.

Chaque jeu porte un nom, par exemple : flûte, trompette, bourdon, hautbois…
On décrit un instrument par les jeux qui le composent, par exemple :

Bourdon 16 - Montre 8 - Prestant 4 - Trompette 8 - Clairon 4 - Voix humaine 8

Le nombre indique la taille en PIEDS du tuyau le plus grave, et donc le plus grand.
Le pied est une unité de mesure de longueur ancienne. Trois pieds valent approximativement 1 mètre.

Chaque jeu est mis en service en tirant un registre.
Il est possible de mélanger plusieurs jeux afin d'obtenir pour chaque touche du clavier un son enrichi.
Ainsi, par exemple, l'instrumentiste appuyant sur la touche DO1, les tuyaux suivants sonneront dans différents jeux : DO1, DO2, SOL2, DO3, MI3, SOL3. (harmoniques) et l'oreille percevra un DO1 dont le timbre est plus riche.

Les tuyaux visibles en façade ( qu'on appelle la montre ) ne constituent qu'une petite partie du nombre total de tuyaux.
A Sainte Marie, la partie inférieure de la montre située en avant ( le positif) est factice

 

 

LA TRANSMISSION

 

La transmission a pour rôle :

  • de permettre l'arrivée d'air dans un jeu : c'est le rôle des registres.
  • d'alimenter le ou les tuyaux correspondant à chaque touche du clavier : c'est le rôle des soupapes.

Le sommier est une caisse en bois destinée à recevoir l'air comprimé et à le distribuer aux tuyaux.
Il est fermé par un couvercle nommé chape.

Les tuyaux de chaque jeu sont fichés dans des trous d'alimentation en air percés dans la chape.

Sous la chape se trouve une rainure appelée gravure qui amène l'air jusqu'au tuyau.

Chaque touche du clavier commande l'ouverture d'une soupape qui admet l'air dans la gravure correspondante.

Le registre est une barre percée de trous placée sous la chape perpendiculairement à la gravure.
Chaque registre correspond à un jeu.

  • Lorsque le registre est tiré, ses trous se trouvent en face des trous de la chape. L'air passe.
  • Si le registre est poussé, les trous ne coïncident pas. L'air ne passe pas.

Lorsqu'on enfonce une touche du clavier, la soupape correspondante s'ouvre, laisse entrer l'air dans la gravure et le ou les tuyaux dont le registre est tiré parlent.

Dans le schéma ci-dessous, seuls jouent les tuyaux aux intersections marquées.

  • Chaque ligne horizontale est composée de tuyaux du même jeu.
  • Chaque colonne correspond à une note du clavier.

Le vent atteint seulement le ou les tuyaux dont, à la fois, le jeu est tiré et la note enfoncée.

L'abrégé est un ensemble de rouleaux et de vergettes (petites tiges) qui permettent de transmettre le mouvement des touches du clavier aux soupapes du sommier.
Le sommier étant plus large que le clavier pour permettre de loger tous les tuyaux, il faut "abréger" la distance entre les notes

1 : Tuyau
2 : Faux-sommier
3 : Registre
4 : Chape
5 : Faux-registre
6 : Table
7 : Gravure
8 : Soupape
9 : Laye
10 : Ressort
11 : Boursette
12 : Vergette
13 : Clavier

Dès la Renaissance l'orgue se double d'un deuxième clavier, la "pédale", que l'on joue au pied.
Ce pédalier, peu étendu, actionnait les notes les plus graves du clavier manuel au moyen d'un mécanisme appelé Tirasse.
Par la suite la pédale devient un véritable instrument complémentaire quoique plus rudimentaire, car son clavier ne comporte qu'un nombre réduit de notes plus espacées, puisqu'on ne peut le toucher qu'avec le talon et la pointe du pied.

Les grands instruments présents dans beaucoup de nos églises comportent en fait plusieurs sommiers.
Chacun porte alors un nom particulier, que l'on retrouve très souvent : grand orgue, récit, positif, etc...
Les claviers correspondants sont superposés. On en compte jusqu'à cinq.
Des mécanismes d'accouplement entre claviers permettent de jouer deux claviers ou plus, en enfonçant les touches de l'un seul d'entre eux.

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