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le facteur d'orgues
Aristide Cavaillé-Coll

 

La famille Cavaillé compte plusieurs générations de facteurs d'orgues.
Au XVIII° siècle apparaissent les frères Cavaillé, originaires de Gaillac (Tarn), dont l'un travaille avec le célèbre frère Isnard à Saint-Pierre de Toulouse.
Jean-Pierre Cavaillé, fils de Gabriel Cavaillé, né à Gaillac vers 1740 construit l'orgue de Castelnaudary, puis celui de Saint-Guilhem-le-Désert.

A la Révolution en 1789, il rejoint son fils Dominique en Espagne.
Après la tourmente révolutionnaire, Dominique Cavaillé revient en France, on le retrouve en 1808 à Beaucaire où il se marie. Il construit l'orgue de Saint-Vincent de Carcassonne.

Il eut deux enfants : Vincent et Aristide . Celui-ci naquit à Montpellier en 1811.
En 1823, Dominique construisit l'orgue de Saint-Michel de Gaillac et c'est dans cette ville, berceau de leurs ancêtres, que Vincent et Aristide firent leur apprentissage. Etablis à Toulouse, le père et ses deux fils furent appelés en 1829 à Lérida en Catalogne pour terminer les travaux interrompus en 1820.

En 1831, Aristide est de retour à Toulouse mais les commandes sont rares et il se rend à Paris pour compléter sa formation dans la facture d'orgues.
Il apprend qu'un concours est ouvert pour la construction d'un grand orgue à la basilique royale de Saint-Denis. En deux jours, il conçoit un projet prêt pour être présenté à temps à la commission. Les travaux sont adjugés à " MM. Cavaillé-Coll père et fils ", mais désormais ce sera Aristide qui dirigera l'atelier.
Après celui de Saint-Denis, Aristide construit de nombreux instruments à Paris (Saint-Roch, La Madeleine, Sainte-Clotilde, Saint-Sulpice, Notre-Dame (1868), La Trinité (1868), Le Trocadéro (Exposition Universelle de 1878) et en province (Saint-Omer, Castelnaudary, Bayeux, Epernay, Orléans, Saint-Sernin à Toulouse) ou à l'étranger (Saint Sébastien, Sheffield, Amsterdam, Bruxelles) etc.

Les caractéristiques de la facture Cavaillé-Coll

Cavaillé-Coll crée une architecture très compacte et rationalisée, ce qui lui offre des possibilités entièrement nouvelles qui vont permettre de renouveler l'écriture pour orgue des compositeurs romantiques.

Il concevra son instrument à l'image de l'orchestre symphonique de son époque, qui procède par grandes masses sonores.

- Inventeur, on lui doit les diverses pressions de souffleries, les cloisons étanches des sommiers, l'assistance pneumatique, des mécanismes de grande précision.

- Acousticien, il détermine la loi du rapport entre diamètre et longueur du tuyau et crée des timbres nouveaux par les sons harmoniques. Il définit les trois groupes de jeux de fond, mixtures et anches. La tessiture de l'orgue s'étendra de plus en plus vers le grave (16 et 32 pieds).

De l'orgue classique français et de ses séjours en Espagne, Cavaillé-Coll a retenu les anches puissantes qu'il dispose en batterie (bombarde 16, Trompette 8 et Clairon 4 ) et parfois en chamade, c'est-à-dire orientés horizontalement vers la nef (Saint-Sernin de Toulouse).

Les pleins jeux deviennent harmoniques, la pâte sonore s'enrichit d'harmoniques aigus. Il porte à leur perfection les jeux de flûtes harmoniques et adapte ce principe aux jeux d'anches. Il introduit également les jeux ondulants (voix céleste au récit).

Il utilisera l'invention de l'ingénieur anglais Barker pour concevoir des systèmes d'assistance au clavier afin de rendre celui-ci plus doux.

Il perfectionne la construction de la boîte expressive du récit, qui introduit des effets nouveaux de dynamique sonore en particulier avec la batterie d'anches de ce plan sonore qui prend de l'importance.

Aristide Cavaillé-Coll est ingénieur et aussi artiste. Il crée des instruments qui ont tous une personnalité adaptée à l'édifice qui les accueille et sont de véritables œuvres d'art.
Il a su aussi se mettre à l'écoute des musiciens de son temps, et leur apporter des solutions originales sans pour autant rejeter la grande tradition de la facture classique dans laquelle il avait grandi.

Oloron a la chance de posséder un instrument signé Aristide Cavaillé-Coll à la cathédrale Ste Marie et, ce qui est plus rare, un instrument signé de son frère Vincent à Notre Dame. Malheureusement ce dernier nécessite une restauration complète et est aujourd'hui muet.

 

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