Histoire de la cathédrale
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Les vestiges paléochrétiens
trouvés sur le site de Ste Marie font penser que l'évêché
d'Oloron, se situait en fait sur le plateau de Ste Marie.
Ce site était habité probablement dès le Haut Empire, comme en
témoigne la stèle du dieu Mars du IIe siècle trouvée en 2001 à
l'occasion de la restauration du portail. La Pax
Romana permettait de sortir de l'ancien
oppidum
d'Oloron pour s'établir plus au large sur ce plateau ouvert et
fertile.
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Les parties les plus anciennes de notre cathédrale
peuvent être datées du XIe siècle. C'est l'époque où l'évêque Etienne
de Mauléon, nommé vers 1060, entreprend sur les instructions du
Pape de restaurer son diocèse
tombé en ruines depuis le passage des Normands au IXe siècle.
De cette phase ne subsistent que les tours nord et sud du transept
(cette dernière rehaussée ultérieurement) ainsi qu'une partie du
mur occidental. Les travaux de restauration en 2001/2002 ont en
effet mis au jour un mur, portant des marques de destruction par
un incendie, mur sur lequel le portail roman
est venu s'adosser au XIIe siècle. Ce dernier ne porte aucune trace
de feu et est donc postérieur à l'incendie. Ces marques de feu sont
aujourd'hui effacées, la partie concernée ayant dû être reconstruite
à neuf. Les deux tours du transept
portent la marque d'une architecture à vocation défensive autant
que religieuse. Elles comportent des ouvertures encadrées de grès
soigneusement ouvragé. |
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Les premiers documents historiques dont nous disposons, nous
apprennent que la cathédrale
a été remise en chantier par l'évêque
Roger de Sentis en 1102. Le Béarn traverse alors une période de
prospérité remarquable, sous l'autorité du vicomte de Béarn Gaston
IV le Croisé (1090-1131). Celui-ci s'est couvert de gloire au
cours de la croisade en Terre
Sainte. Il est un allié fidèle du roi d'Aragon
Alphonse le Batailleur avec lequel il va aller guerroyer contre
les Maures
en Espagne et remporter des succès éclatants, prenant une part
décisive à la prise de Saragosse en 1118. Le roi d'Aragon reconnaissant
lui en fera don à titre viager. En 1125 il participe à une folle
équipée qui l'emmène avec son fidèle ami au cœur même des royaumes
musulmans d'Espagne, atteignant Cordoue. Passée la surprise, l'ennemi
se ressaisit et il faut rentrer dans ses terres à marche forcée,
emportant dans les yeux des images d'une civilisation éblouissante,
avec un butin considérable, avec peut-être aussi des architectes
mozarabes.
Le souvenir de la mosquée de Cordoue et de sa coupole admirable
inspirera sans doute l'architecte de l'église Ste Croix, et celui
de l'Hôpital St Blaise. De cette phase de la construction de la
cathédrale Ste Marie il ne nous reste que le célèbre portail d'entrée,
classé au patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO. Celui-ci nous
est parvenu en assez bon état de conservation, grâce au porche-clocher
qui l'a protégé des intempéries. Il a toutefois subi des restaurations
très importantes au XIXe siècle.
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L'édifice semble avoir été à nouveau ruiné à l'aube du XIIIe
siècle, peut-être à la suite d'un sinistre coup de main sur la
ville perpétré en 1212 par les routiers.
Il est alors reconstruit dans le style architectural de l'époque,
transition entre le roman
et le nouvel art gothique.
De cette époque date l'essentiel de l'édifice que nous voyons
aujourd'hui, la nef
et les collatéraux.
Le plan ci-dessus montre bien que certaines parties (collatéral
gauche) présentent des anomalies d'ordonnancement des piliers,
ce qui peut s'expliquer par des contraintes imposées à
l'architecte de respecter des parties subsistantes de l'ancien
édifice. L'énigme sera peut-être levée
par l'analyse de la maçonnerie lors d'une campagne de restauration
future.
Au début du siècle suivant, un nouvel incendie provoque la destruction
du chœur.
Celui-ci est donc à son tour reconstruit selon le style alors
en vogue, le gothique rayonnant.
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Nous sommes alors sous le règne de Gaston Phébus
(1343-1391), dans un état souverain resté miraculeusement indépendant
de ses puissants voisins le roi de France et le roi d'Angleterre
(Dax est alors anglaise), grâce à l'habileté de ce brillant
homme d'Etat.
Le Béarn traverse alors une nouvelle phase de grande prospérité
qui permet de lancer des projets imposants. Il est en effet prévu
de reconstruire entièrement la cathédrale de Ste Marie. Lorsque
la France s'embrase sous les coups de l'armée anglaise (guerre
de Cent Ans), le Béarn parvient certes à rester à l'écart du conflit,
mais la prudence impose de donner la priorité aux ouvrages de
défense, et la reconstruction complète de la cathédrale reste
à l'état de projet. Seuls sont achevés le chœur et les chapelles
rayonnantes du déambulatoire
formant le chevet,
ainsi que la sacristie.
L'arrière-sacristie et le cloître
ainsi que la chapelle en extrémité du transept
nord seront ajoutés au siècle suivant.
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Au XVIe siècle, le Béarn connaît les heures les plus noires de
son histoire. La dynastie des comtes de Foix Béarn devenus rois
de Navarre se trouve rapidement en conflit avec la puissance montante
des Rois
Catholiques d'Espagne.
Ferdinand d'Aragon met la main sur la Navarre du sud des Pyrénées
trop faible pour se défendre. Le roi de Navarre, réfugié sur ses
terres béarnaises, tente de résister mais le Béarn est le théâtre
d'opérations dévastatrices par les troupes aragonaises, en particulier
en vallée d'Aspe.
Puis le pays embrasse progressivement le protestantisme qui devient
religion d'Etat en 1562, lorsque Jeanne d'Albret devient veuve.
Ceci met fin à une longue période d'hésitations du Béarn entre
les deux religions, et des conflits qui en résultent.
Les édifices religieux sont alors dépouillés de tous leurs trésors.
La ville d'Oloron, alors la plus importante du Béarn, est le siège
d'émeutes en 1567. Devenue une place forte convoitée, elle change
de mains à plusieurs reprises, le sang coule abondamment au cours
des années suivantes.
En 1569 le parti catholique parvient à reprendre les rênes en
l'absence de Jeanne d'Albret, seule la citadelle de Navarrenx
ayant pu résister aux troupes catholiques. Mais la reine, enfermée
à La Rochelle, envoie une expédition commandée par Montgomméry.
Celui-ci mène une campagne éclair et reconquiert le Béarn dans
un bain de sang. La vallée d'Aspe est à nouveau ravagée. La cathédrale
perd tout son mobilier et ses objets précieux, les vitraux sont
brisés, et la tradition rapporte qu'elle est transformée en écurie.
Son cloître
du XVe siècle est détruit, il n'en reste aujourd'hui que l'amorce
d'un arc sur l'angle du mur extérieur de la sacristie.
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Après sa restitution au culte catholique en 1602, l'évêque
Arnaud de Maytie entreprend sa remise en état qui se poursuit
au cours du XVIIe siècle.
Au XVIIIe siècle François de Révol fait ajouter les chapelles
latérales, dans l'esprit de la Contre
Réforme, ce qui donne au monument son aspect
actuel sur un plan presque carré. L'église est dotée d'un important
mobilier et de nombreuses richesses.
Un énorme massif de maçonnerie vient renforcer le pilier nord-ouest
du porche.
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La révolution et la
période contemporaine
En 1801 Oloron perd son évêché,
et l'église Ste Marie son rang de cathédrale.
Si la période révolutionnaire a relativement épargné notre église,
l'état d'abandon dans lequel elle reste jusqu'au milieu du XIXe
siècle la laisse dans un état déplorable. Les voûtes en ruine
sont cachées par un faux plafond de bois. Le mobilier et le trésor
sont détruits, à part les quelques objets qui nous sont parvenus
grâce à des paroissiens qui ont osé prendre le risque de les cacher
dans leurs greniers, voire même de l'autre côté de la frontière
à Jaca. Certains ne réapparaîtront que 150 ans plus tard.
Une campagne de restauration démarre en 1857, sous l'impulsion
de Mérimée
et du grand architecte Viollet-le-Duc. Une partie du mobilier
du XVIIIe siècle, (autels à torsades dorées dans le style espagnol)
qui n'est plus dans le goût du jour, est détruite ou dispersée
dans les églises de la région et remplacée dans le style néogothique
à la mode. Les peintures du chœur
sont restaurées en 1869.
Classée Monument Historique en 1841, l'église fut déclassée
en 1886 en raison de la médiocre qualité des travaux exécutés,
puis à nouveau classée en 1925.
Elle a subi depuis plusieurs campagnes de travaux d'entretien
qui n'ont pas empêché l'apparition de graves fissures sur le portail.
Les travaux de remise à neuf des arcs du mur primitif du portail
réalisés en 2001/2002 devraient remédier pour de bon à ces détériorations
chroniques au niveau du porche.
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Des chantiers importants démarrent cette année 2004, avec
pour objectif à terme une restauration complète de l'édifice,
tant extérieur qu'intérieur.
La première ranche en cours de réalisation concerne :
La place de la Cathédrale, qui est entièrement restructurée,
et bénéficie d'un revêtement de sol en pavés
de grandes dimensions du plus bel effet. Le stationnement est reporté
sur le pourtour de la place, de façon à dégager entièrement
le monument. Un éclairage moderne et efficace mettra l'ensemble
en valeur.
Un système audiovisuel sophistiqué mais simple d'emploi
permettra aux touristes de découvrir les caractéristiques
de la cathédrale, chacun pouvant le suivre dans sa langue.
Un nouveau parking est aménagé derrière l'ancienne
mairie de Sainte Marie. Ce dernier édifice est entièrement
rénové et servira de lieu d'exposition et de présentation
du quartier et de son histoire.
Intérieurement, la réfection des fresques a démarré,
ainsi que l'exposition du trésor dans une chapelle spécialement
aménagée.
La chapelle dite "de St Grat" est entièrement rénovée
et les tableaux polychromes représentant les temps forts de la
vie de l'évêque vont y retrouver une place qu'ils avaient
quittée anciennement.
Les quelques vues ci-dessous vous donneront un aperçu de la qualité
des travaux effectués et vous permettront de découvrir des
sculpures sur chapiteaux et voûtes que personne ne connaissait !
Vous pouvez les agrandir en cliquant dessus
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